La malédiction de Saint-Benoit

Un rêve de sainteté contrarié

Né en Artois à Amettes en 1748, mort à Rome en 1783, Saint Benoît-Joseph Labre fut célèbre pour sa vie de pèlerinage, rêvait de devenir moine. Mais trop jeune à l’époque de sa vocation et jugé angoissé ou d’une excessive austérité, il fut refusé dans plusieurs monastères. Ne se laissant pas abattre, il entreprit alors une vie de pèlerinage perpétuel à 22 ans. La route devint son monastère et son coeur sa cellule monastique : il parcourut 30 000 km en 13 ans, priant et vivant dans la plus grande pauvreté. Dans toute l’Europe, de la France à l’Espagne, de la Suisse à l’Italie, allant de sanctuaires en sanctuaires, il est abandonné à Dieu.

Le passage à Lillers et la violence des hommes

Un jour, au cours de ses voyages, Saint Benoît arriva à Lillers. Fatigué et affamé, il demanda humblement de l’aide aux habitants. Mais les Lillérois, au lieu de lui tendre la main, le repoussèrent à coups de cailloux et refusèrent de lui donner l’aumône. Accablé mais résilient, Benoît poursuivit sa route, le cœur brisé par cette injustice.

Saint benoit joseph labre

Peinture de Saint Benoît-Joseph Labre

La prière et la malédiction

Face à cette cruauté, le pèlerin pria avec une foi profonde :

« Seigneur, donne à mon cœur la force d’aimer ceux qui m’ont blessé, et fais briller en eux la lumière du pardon et de la paix que je leur souhaite. »

Selon la légende, cette prière provoqua une malédiction sur Lillers : depuis ce jour, il pleut chaque année à la Saint-Crépin, et lors de chaque fête locale, le ciel se couvre et la pluie tombe. La légende dit que ce phénomène rappelle aux habitants la faute commise envers un homme bon et la force du pardon divin.

Une leçon de résilience et de pardon

La malédiction de Saint-Benoît est devenue un symbole de justice divine et de compassion. Elle rappelle que la méchanceté peut avoir des conséquences, mais que la foi et le pardon restent les véritables forces capables de transformer la douleur en lumière.

Il fut canonisé en 1881, au grand regret des bien-pensants du siècle des Lumières qui ne comprennent rien à cet hommage rendu et furent aussi preuve de méchanceté. Au Sénat on rigole de lui : « comment l’église a pu canoniser ce clodo, ce garde à manger des punaises, ce fumier odorant… ». Il faut dire que notre cher Benoît a fait vœu de ne pas se laver et que les vermines grouillent sur ses vêtements crasseux. Mais ne nous fions pas aux apparences, le parcours a sa Lumière.

D’autres légendes de saints à découvrir

La région regorge de récits liés à des figures de foi et de miracles. Tout comme le Pas de Saint-Martin qui garde la trace d’un cheval au bond extraordinaire, ou encore l’histoire de la Sainte Chandelle d’Arras où le pardon et la réconciliation permirent un miracle collectif, la malédiction de Saint-Benoît témoigne d’une spiritualité profonde enracinée dans le Nord de la France.

Retrouvez cette légende et bien d’autres dans notre grand spectacle Récits Oubliés, qui redonne vie aux histoires mystérieuses et sacrées de notre patrimoine.

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Photographie du spectacle Récits Oubliés à Ferfay – Agence Welkom, tous droits réservés

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