Au début du XIIᵉ siècle, deux trouvères célèbres, Pierre Norman et Itier, parcouraient la région entre Brabant et Saint-Pol-en-Ternois. Musiciens et poètes talentueux, ils partageaient aussi une grande piété envers Notre-Dame. Pourtant, une jalousie tenace les opposait, au point de se battre violemment à chaque rencontre.
Un drame éclata lorsqu’au cours d’une querelle, Pierre tua accidentellement le frère d’Itier, transformant leur rivalité en haine mortelle.
En 1105, une terrible épidémie frappa la région : l’ergotisme, surnommé le Mal des Ardents. Causée par le pain de seigle infecté, cette maladie provoquait des brûlures atroces, des hallucinations, la gangrène et la mort.
Face à cette calamité, l’évêque Lambert d’Arras pria la Vierge Marie d’intervenir pour sauver son peuple.
Dans la nuit du 24 au 25 mai, la Vierge apparut séparément à Itier et Pierre. Elle leur demanda de se rendre ensemble à Arras, de se réconcilier et de veiller auprès des malades. À l’aube, elle leur offrirait un cierge miraculeux dont la cire guérirait ceux qui croiraient, et laissera mourant ceux qui ne croient pas.
Malgré leur haine, les deux jongleurs finirent par céder après plusieurs apparitions, et acceptèrent de pardonner.
La reliquaire en argent qui entoure la Sainte-Chandelle – Musée Saint Vaast d’Arras
Devant l’évêque Lambert, Pierre et Itier se réconcilièrent en larmes. La nuit suivante, tous trois veillèrent à l’église Saint-Aubert, entourés des malades.
À l’aube, une lumière divine illumina la nef : la Vierge Marie remit la Sainte Chandelle. Mélangée à l’eau de la fontaine et appliquée sur les plaies, la cire guérit presque tous les malades, sauf un incrédule qui refusa de boire l’eau. Le miracle fit grand bruit et attira de nombreux pèlerins.
Pour honorer le miracle, Pierre et Itier fondèrent la confrérie Notre-Dame des Ardents. Une première église fut édifiée en 1140, puis reconstruite en 1215. La Sainte Chandelle devint un symbole de guérison et un objet de grande dévotion.
Église catholique Notre-Dame-des-Ardents d’Arras – Google StreetView
Aux siècles suivants, le miracle fut tourné en dérision par les sceptiques et les philosophes des Lumières. La Révolution entraîna la destruction de l’église, mais le cierge fut sauvé et caché.
En 1860, Mgr Parisis restaura et plaça de nouveau la Sainte Chandelle dans l’église reconstruite. Elle retrouva ainsi son rôle central dans la foi et la mémoire des habitants d’Arras.
L’histoire de la Sainte Chandelle illustre comment la foi et la réconciliation peuvent transcender la haine et sauver des vies. Elle reste un récit fondateur pour Arras et pour toute la région, où la mémoire du miracle perdure encore aujourd’hui.
Tableau représentant les deux ménestrels en train de prier dans la cathédral d’Arras – Auteur inconnu
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Ces récits, tout comme celui de la Sainte Chandelle, rappellent combien la foi et les saints ont marqué l’histoire et les traditions populaires de la région que vous pouvez découvrir dans notre spectacle plein air vivant Récits Oubliés.
Photographie du spectacle Récits Oubliés à Ferfay – Agence Welkom, tous droits réservés
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