Au cœur du Pas de Calais, sur les terres traversées par la célèbre Chaussée Brunehaut, se cache l’histoire tragique de la reine Brunehaut, souveraine mérovingienne à la destinée tumultueuse. Cette voie romaine antique, qui reliait jadis plusieurs villes stratégiques, est aujourd’hui entourée de légendes fascinantes et de mystères qui défient le temps.
Brunehaut, femme de pouvoir et de volonté, était redoutée et admirée pour son autorité. Mais ses ennemis, jaloux et ambitieux, ourdirent sa chute. La légende raconte qu’elle fut condamnée à mort et traînée derrière un cheval sur la chaussée qui porte désormais son nom, transformant la route en symbole de justice implacable et de vengeance divine.
Les Pierres du Diable, deux menhirs datés de 3000 av. J-C. – Crédit photo La Voix du Nord
Entreprendre par des moyens humains la restauration de ces routes, anciennes voies romaines, c’était l’œuvre de plusieurs années. Brunehaut fit appel à un homme capable, selon les chroniques anciennes, d’entretenir des relations avec les êtres surnaturels. Satan, invoqué, se hâta de paraître, avide de l’âme de la reine.
« Je fais votre chaussée, dit-il; je la fais tout entière, vite et bien, commode et solide; et sans autres conditions que celle-ci : le travail livré, votre âme est à moi. »
La reine, refusant de se vendre si facilement, signa finalement de son sang un contrat : son âme serait perdue si le travail n’était pas terminé avant le chant du coq. Satan fit appel à ses légions, et un vacarme effroyable se fit entendre : rochers arrachés des collines et des entrailles de la terre roulaient pour construire la chaussée, illuminés par des torches aux lueurs lugubres, le diable fit apparaître un énorme galet qu’il lanca tandis que les habitants, terrifiés, priaient devant leurs crucifix.
La route avançait à une vitesse incroyable, mais Brunehaut ne se laissa pas piéger. Elle se rendit discrètement dans un poulailler et réveilla les coqs grâce à un feu vif et en secouant sa robe en soie. Leur chant, précoce et puissant, trompa le diable, qui crut que le jour s’était levé. Furieux, il abandonna son œuvre et les 2 dernières pierres qu’il venait d’amener et disparu, laissant la chaussée intacte et sauvant ainsi son âme. On dit aussi que ces 2 pierres pourraient être à l’origine de la légende des Pierres d’Acq, qui sont aussi associées à la légende des demoiselles d’Acq.
Malgré ce stratagème, le Diable comprit la supercherie et ordonna qu’on tue la Reine Brunehaut et la fit traîner derrière un cheval sur la route. De la trace laissée sur la terre naquirent, dit-on, les Chaussées Brunehaut, témoins éternels de son destin tragique. Le coq, symbole de ruse et de mémoire, continue de rappeler aux habitants cette histoire, éveillant la légende à chaque chant.
Aujourd’hui, la légende de la reine Brunehaut est mise en scène dans le spectacle « Les Récits Oubliés ». Sur scène, les récits prennent vie : l’ambition de la reine, la ruse face au diable, le chantier infernal et le chant du coq fascinant plongent le public dans une atmosphère où le passé se mêle au mystère, faisant revivre les héroïnes et les routes anciennes de la région.
Photographie du spectacle Récits Oubliés à Ferfay – Agence Welkom, tous droits réservés
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