Au cœur du village de Gauchin-Légal, sur la place principale, se dresse une étrange relique du passé : une lourde pierre de grès ovale, pesant plus de 130 kilos, solidement enchaînée à un bloc carré planté dans le sol. On l’appelle le Gal de Gauchin – parfois surnommé « la pierre des cocus ». Objet de moqueries, de rumeurs et de mystères, cette pierre est au centre d’une légende qui continue de fasciner les habitants et les visiteurs.
Selon la tradition orale, le Gal avait le pouvoir de se déplacer la nuit. Il quittait son socle, roulait à travers les rues du village et s’arrêtait devant la porte d’un mari trompé. Au matin, tout le voisinage découvrait le verdict : l’homme était publiquement humilié, pointé du doigt par la pierre.
La coutume était cruelle : elle ne désignait jamais les hommes infidèles, mais dénonçait uniquement les femmes et leurs maris bafoués. Gauchin-Légal devint ainsi le théâtre d’une justice populaire où la moquerie tenait lieu de sanction.
Le mot « Gal » viendrait du patois local signifiant « gros caillou ». Mais certains chercheurs proposent une autre lecture : au XVIᵉ siècle, le terme « gale » signifiait aussi « plaisir » ou « galanterie ». Le jeu de mots entre « gal » (la pierre) et « gale » (les aventures amoureuses) aurait donné naissance à cette légende, mêlant superstition et ironie.
La légende raconte que même pendant la Première Guerre mondiale, la pierre continuait ses escapades nocturnes. Elle aurait été retrouvée devant la porte de la femme la plus pieuse du village, cible des railleries après qu’un officier britannique, vexé par un refus, aurait invoqué le pouvoir du Gal pour se venger.
L’histoire du Gal se teinte ainsi d’humour grinçant et de cruauté sociale : une pierre accusatrice qui décidait du sort des réputations.
En 1925, un officier américain, Henry Selden Bacon, aurait décidé de mettre fin à ces humiliations. Ému par les médisances que la pierre entretenait, il fit enchaîner le Gal à un bloc scellé dans le sol, sous le grand tilleul de la place du village. Depuis, la pierre est immobile, privée de ses promenades nocturnes, mais elle conserve son aura de mystère.
Le galet enchainé, visible sur la place de Gauchin – Crédit photo La Voix du Nord
Aujourd’hui, le Gal de Gauchin n’est plus accusateur. Mais il demeure un symbole historique et folklorique, rappelant l’importance de la réputation dans les villages d’autrefois. Il attire encore les curieux, amusés ou intrigués par cette pierre enchaînée visible sur la place de Gauchin-Légal, qui fut jadis le cauchemar des maris trompés.
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Photographie du spectacle Récits Oubliés à Ferfay – Agence Welkom, tous droits réservés
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